Conservation des oiseaux de prairies

Conservation des oiseaux des prairies agricoles et naturelles des rives du Saint-Laurent

 

 

 

 

Au printemps 2014, la SCIRBI a entamé un projet de conservation des oiseaux qui utilisent les prairies agricoles (les champs de foin et pâturages) et les prairies naturelles lors de leur nidification. Dans le cadre de ce projet de 30 mois, notre organisme aura la chance d’étendre ses activités de conservation à l’ensemble de l’Archipel du lac Saint-Pierre ainsi qu’aux rives lanaudoises du Saint-Laurent.

Goglu des prés, espèce-phare du projet photographiée ici à l'île aux Ours Photo : SCIRBI

Le goglu des prés, espèce-phare du projet, photographié ici à l’île aux Ours / Photo : A. Nicole, SCIRBI

 

Goglu des prés femelle Photo : SCIRBI

Goglu des prés femelle / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Un groupe prioritaire

Dans la plaine du Saint-Laurent et des Grands Lacs, les populations d’oiseaux de prairies ont décliné d’en moyenne 70% entre 1970 et 20101. Leur déclin est attribué aux causes suivantes2 :

  • la mortalité accidentelle (dite accessoire) causée par les activités agricoles;
  • la perte et la fragmentation de l’habitat;
  • l’exposition aux pesticides.

 

 

Le graphique ci-dessous illustre la tendance populationelle de différents groupes d’oiseaux depuis 1970. Si les oiseaux aquatiques et forestiers se portent bien en tant que groupes, les oiseaux de prairies et les insectivores aériens, dont plusieurs espèces vivent en milieu champêtre, subissent de sérieux déclins.

Tendances des différents groupes d'oiseaux dans la plaine du Saint-Laurent et des Grands Lacs. En rouge, les oiseaux de prairies. Source : ICOAN, 2012

Tendances des différents groupes d’oiseaux dans la plaine du Saint-Laurent et des Grands Lacs. En rouge, les oiseaux de prairies. Source : ICOAN, 2012

Puisque ces oiseaux construisent leur nid directement au sol, ils sont très vulnérables aux activités mécanisées coïncidant avec leur période de nidification telles que la fauche et la récolte du foin. Dans les champs contenant des nids actifs, le fauchage détruit 51% des œufs et des oisillons et ce pourcentage bondit à 94% lors des activités subséquentes d’andainage et de mise en balle3. Au total, on estime que 660 000 oeufs et oisillons de goglus et de bruants des prés sont détruits annuellement par les activités mécanisées en milieu agricole dans la plaine du Saint-Laurent et des Grands Lacs seulement4. Entre 1968 et 2008, la population de goglu des prés, l’espèce-phare du projet, a subi un déclin annuel de 6,1% au Québec, ce qui se traduit par une perte démographique supérieure à 90%2!

 

Bruant des prés Photo : SCIRBI

Bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Nid de bruant des prés Photo : SCIRBI

Nid de bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce déclin prononcé a mené le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) à attribuer le statut de menacé au goglu des prés ainsi qu’à la sturnelle des prés, une autre espèce nichant dans les champs. Quatre ans plus tard, ceux-ci ne figurent toujours pas au registre des espèces protégées par la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement canadien en raison de la difficulté de réglementer un habitat situé en grande partie sur des terres privées. Il est toutefois à noter que la destruction de nids est interdite en vertu de la loi fédérale de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et de la loi provinciale sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

 

Comme la survie à long terme de ces espèces dépend largement de la volonté de propriétaires de terres privées à mettre en application des mesures de conservation volontaires, le projet vise à sensibiliser les agriculteurs à la problématique des oiseaux de prairies et à faire appel à leur expertise pour trouver des solutions réalistes qui permettront de stabiliser les populations. Durant les deux prochaines années, des rencontres seront organisées avec les agriculteurs intéressés afin de discuter des solutions possibles et de leur mise en application.

 

Plus spécifiquement, voici les principaux objectifs du projet :

  • Informer et sensibiliser les agriculteurs du territoire visé à la présence d’espèces sensibles aux activités agricoles qui nichent sur leur propriété;
  • Proposer aux agriculteurs exploitant des cultures pérennes des solutions personnalisées, sous la forme d’un guide du propriétaire, pour réduire ou éliminer les prises accessoires d’oiseaux en lien avec leurs travaux agricoles;
  • Trouver, en consultant les agriculteurs, de nouvelles solutions pour réduire ou éliminer les prises accessoires d’oiseaux dans les prairies agricoles du territoire visé;
  • Signer des ententes de conservation avec les agriculteurs qui désirent s’impliquer de façon volontaire dans la réduction des prises accessoires, leur fournir un guide du propriétaire, vérifier l’application des mesures et reconnaître leur effort en leur décernant un certificat de conservation.

 

 Le projet m’intéresse, comment puis-je m’impliquer?

Bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Si vous êtes un agriculteur qui possédez des cultures pérennes dans l’Archipel du lac Saint-Pierre ou dans la région de Lanaudière et que vous n’avez pas encore été sollicité pour participer au projet, vous pouvez contacter le responsable, Alexandre Nicole, par téléphone au 450-836-4447 ou par courriel au anicoleatscirbi.org. Alexandre se fera un réel plaisir d’échanger avec vous, de répondre à vos questionnements et, qui sait, de visiter vos champs!

 

Références

1North American Bird Conservation Initiative Canada. 2012. The State of Canada’s Birds, 2012. Environment Canada, Ottawa, Canada. 36 pages.

2COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 44 p.

3Bollinger, E.K., P.B. Bollinger et T.A. Gavin. 1990. Effects of hay-cropping on eastern populations of the Bobolink, Wildl. Soc. Bull. 18:142-150.

4Tews, J., D. G. Bert, and P. Mineau. 2013. Estimated mortality of selected migratory bird species from mowing and other mechanical operations in Canadian agriculture. Avian Conservation and Ecology 8(2): 8. 


Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution du Programme Interactions Communautaires, lié au plan d’action Saint-Laurent 2011-2026, et mis en oeuvre par les gouvernements du Canada et du Québec.

PASL qc+ca

 

 

 

 

 

 

 

Nous aimerions aussi souligner l’appui et la contribution du Regroupement QuébecOiseaux, de la Société d’ornithologie de Lanaudière et de la ZIP du lac Saint-Pierre.

 

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