Conservation des oiseaux de prairies

Conservation des oiseaux des prairies agricoles et naturelles des rives du Saint-Laurent

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Entre 2014 et 2016, la Société de conservation, d’interprétation et de recherche de Berthier et ses îles (SCIRBI) a réalisé un projet de conservation des oiseaux de prairies, c’est-à-dire les oiseaux qui utilisent les prairies agricoles et naturelles pour leur nidification. Les populations de ces oiseaux ont décliné de 70% au Québec entre 1970 et 2010. Les causes de leur déclin sont la perte d’habitat, la prise accessoire d’oiseaux (ou mortalité accidentelle) lors des activités agricoles mécanisées, la fragmentation de l’habitat et l’usage de pesticides. Le projet avait pour objectif la sensibilisation des propriétaires de cultures pérennes et de prairies naturelles et l’adoption de pratiques agricoles et de gestion favorisant la protection de ces espèces. Près de 200 agriculteurs et propriétaires de l’archipel du lac Saint-Pierre et du sud de la région de Lanaudière ont été sensibilisés par téléphone ou lors de rencontres individuelles ou de groupe au cours du projet. 22 agriculteurs ou propriétaires participent activement au projet et 16 d’entre eux ont signé une entente de conservation volontaire avec notre organisme. Afin de dresser un portrait de l’abondance et de la diversité des oiseaux de prairies dans l’archipel du lac Saint-Pierre, de concentrer les efforts de conservation où la densité des espèces est la plus élevée et d’estimer l’effet des mesures de conservation adoptées, des inventaires ont été réalisés sur 728 hectares de prairies entre 2014 et 2016. Les résultats les plus importants du projet sont le report de la première coupe après le 1er juillet par 13 agriculteurs sur un total de 197,1 hectares et l’utilisation de la barre d’effarouchement lors de la fauche par quatre agriculteurs sur une superficie de 374,4 hectares. Un clip vidéo démontrant l’utilisation de la barre d’effarouchement a été produit et les plans du dispositif ont été rendus pu­blics. 16 autres mesures permettant d’atténuer les effets des acti­vités agri­coles sur les populations d’oiseaux ont été adoptées par les agriculteurs. Au total, 1313,1 hectares sont touchés par une ou plusieurs mesures de protection, une superficie qui représente 32% de l’habitat disponible dans le territoire couvert par le projet. Les résultats du projet sont présentés dans le tableau suivant. Pour plus d’information, consultez le rapport de projet.

 

MESURES DE CONSERVATION ADOPTÉES AU COURS DU PROJET ET SUPERFICIES ASSOCIÉES (HECTARES)

MesuresTotal
1. Effectuer la première coupe après le 1er juillet197,1 ha
(144,5 ha*)
2. Effectuer une première coupe le plus tôt possible et attendre de 55 à 65 jours avant la seconde150,2 ha
3. Conserver une portion centrale du champ qui ne sera pas fauchée lors de la première coupe1,0 ha
4. Débuter la fauche par les champs de plus petite
taille et terminer avec les plus grands
2 personnes
5. Favoriser des champs carrés plutôt que
rectangulaires
1 personne
6. Favoriser des parcelles supérieures à 25 ha1 personne
7. Maintenir les prairies durant au moins 3 à 5 ans828,6 ha
8. Utiliser des cultivars plus tardifs (et/ou hâtifs)0,0 ha
9. Circuler du centre vers l'extérieur lors
de la fauche de champs coupés en totalité
93,8 ha
10. Utiliser une barre d'effarouchement
sur la machinerie
374,4 ha
11. Augmenter la hauteur de fauche à 120 mm (4”)294,4 ha
12. Planter des poteaux de cèdre à tous les 200 m sur le pourtour des champs7 personnes
13. Épandre le lisier immédiatement après une coupe de foin ou en dehors de la saison de nidification202,8 ha
14. Limiter la densité du bétail dans les pâturages en continu à moins de 2,5 unités animales / ha356,8 ha
15. Utiliser un système de rotation des pâturages188,0 ha
16. Aménager des pâturages de dimensions
supérieures à 25 ha
2 personnes
17. Créer une aire de refuge au centre du pâturage0,0 ha
18. Favoriser l'aménagement de pâturages de forme
carrée plutôt que rectangulaire
1 personne
19. Conserver les bosquets et arbustes afin qu'ils
soient utilisés comme perchoirs
781,1 ha
20. Limiter le passage de la machinerie dans les
pâturages entre le 15 mai et le 15 juillet
275,5 ha
* Superficie additionnelle d'habitat protégée par d'autres organismes

 

Goglu des prés, espèce-phare du projet photographiée ici à l'île aux Ours Photo : SCIRBI

Le goglu des prés, espèce-phare du projet, photographié ici à l’île aux Ours / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Bruant des prés Photo : SCIRBI

Bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

Nid de bruant des prés Photo : SCIRBI

Nid de bruant des prés / Photo : A. Nicole, SCIRBI

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

North American Bird Conservation Initiative Canada. 2012. The State of Canada’s Birds, 2012. Environment Canada, Ottawa, Canada. 36 pages.

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 44 p.

Bollinger, E.K., P.B. Bollinger et T.A. Gavin. 1990. Effects of hay-cropping on eastern populations of the Bobolink, Wildl. Soc. Bull. 18:142-150.

Tews, J., D. G. Bert, and P. Mineau. 2013. Estimated mortality of selected migratory bird species from mowing and other mechanical operations in Canadian agriculture. Avian Conservation and Ecology 8(2): 8. 


Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution du Programme Interactions Communautaires, lié au plan d’action Saint-Laurent 2011-2026, et mis en oeuvre par les gouvernements du Canada et du Québec.

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Nous aimerions aussi souligner l’appui et la contribution du Regroupement QuébecOiseaux, de la Société d’ornithologie de Lanaudière et de la ZIP du lac Saint-Pierre.

 

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